Magistral ! La vie nouvelle d’Uta Melle

31 05 2011

"Ich bin schön, denn das Leben ist schön" : Je suis belle, parce que la vie est belle…

Voilà ce que dit Uta Melle, une Berlinoise de 40 ans, diagnostiquée et traitée il y a 2 ans d’un cancer du sein, et qui n’a pas eu recours à la chirurgie reconstructrice.

"Rien ne sera plus comme avant" dit-elle, "il n’empêche qu’une nouvelle vie peut commencer" ; et comme il est difficile de cacher un épisode cancéreux, Uta a pris le parti de le montrer et de le démontrer en images.
Elle a fait appel à deux photographes de mode branchées, et par définition habituées à jouer avec la beauté.

Ce que je trouve très fort dans leur travail, c’est cette part d’expressionnisme si typiquement allemand, et cette créativité décalée spécifique aux artistes berlinois. On est au-delà du constat, l’image parle, la scène raconte…

Le résultat est bouleversant.

Le travail des deux artistes photographes est très différent : noir et blanc et très expressionniste pour Esther Haase ; la même photographe Jackie Hardt a fait des mises en scène variées, très "historique" pour l’album 2011, et très "life" en 2009… J’adore quand l’artiste a une créativité débridée, un parti pris visuel très marqué.

Les femmes disent leur histoire : une rage, une envie, une beauté ; une féminité, vraiment inaltérable !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’album photo conçu par Uta Melle vient de sortir : "Amazonen" (éditions Kehrer Verlag).
Une expo itinérante l’accompagne : elle vient de faire des prolongations à Hambourg, et part pour Düsseldorf en juin et Berlin en août 2011.

Un énorme merci à Mélilotus !! Une "oncopine". Son blog est riche de nombreuses références qui sortent des sentiers battus ! C’est grâce à elle que j’ai (entre-autre) fait la découverte de cette formidable Uta.

Photos : Jackie Hardt © et Esther Haase ©





Projection du film d’Anja Unger

10 04 2010


Il y a maintenant un an et demi, j’ai participé à quelques séquences du tournage d’un film documentaire sur les femmes amazones, celles qui ont perdu un sein dans leur lutte contre le cancer, et qui n’ont pas eu recours à la reconstruction chirurgicale, pour la plupart par choix.

Le moment était assez particulier pour moi : à l’époque j’étais en chimio contre le cancer n°2 tout en parlant de cancer N°1, celui qui m’avait faite l’amazone dont on recueillait le témoignage. Le cancer était à nouveau là, dans toute sa brutalité, et moi dans mon enragement à continuer une vie douce d’amazone sereine.

Making-of de la prise de vue d'Art Myers, un moment du tournage © Perrine Henault

Ce film va être projeté en avant-première dans quelques jours : le sujet existe maintenant, un film a été monté, va être projeté : les amazones gagnent en visibilité. Je n’ai aujourd’hui aucune idée du film dans son ensemble et de l’âme que la réalisatrice y aura insufflé. Sinon le texte qui suit, qu’elle m’a envoyé et qui m’enthousiasme :

"En 2000, suite à un cancer, Annick a subi l’ablation d’un sein. Elle a choisi de rester “asymétrique”. Mais le regard que portent les autres sur son corps reste blessant. Pour rompre le tabou et le silence sur les conséquences du cancer, elle monte avec d’autres femmes un projet d’exposition artistique autour de l’idée du ‘corps amazone.’

Avec l’aide du photographe américain Art Myers, le film questionne au-delà de la maladie cette réappropriation du corps qui est aussi un retour à la vie. Par ce jeu de regards et de représentations, “Le corps amazone” interroge la vision de la femme et de la beauté féminine soumis aux normes de la société. Annick est le fil rouge de notre récit. Le film la suit pendant la mise en place de l’exposition qui questionne notre vision du corps féminin.

Le travail du photographe approche la nudité du corps en apprivoisant le regard et en permettant ainsi la découverte de ces corps autrement que dans un mouvement de recul. L’image se révèle dans la mise en lumière de la pose. Il importe que le film donne à voir ces femmes, uniques et belles, autrement.

Luce, Bénédicte, Cathie et Lyne, femmes-amazones, chacune engagée différemment dans la bataille pour la vie, nous font découvrir à la fois leur force et leur fragilité, leur cicatrices, leur féminité et leur beauté.

Le film confronte des points de vue et déplace un tant soit peu le regard consensuel à travers l’image de ce qui pourrait apparaître pour certains comme irrecevable, l’ablation d’un sein.

Voir autrement, n’est-ce pas aussi comprendre autrement ? Si “le corps amazone” n’est pas un film sur le cancer du sein à proprement parlé, la maladie n’en est cependant pas moins présente, et ce, de façon indirecte. Evoquer le cancer fait penser à la mort, néanmoins, ce film est devenu une ode à la vie et à la beauté des femmes."

Anja Unger, réalisatrice.


Projection du film documentaire "le corps amazone" (74′)
Mercredi 5 mai 2010 à 20h30
Forum des Images, salle de l’Auditorium (2 rue du Cinéma, Forum des Halles, Paris)

L’accès est libre, RESERVATION PAR MAIL : assistant.wild-eye@wanadoo.fr
La séance sera suivie d’un débat en présence de la réalisatrice, des producteurs et de protagonistes du film, ainsi que de représentants de l’Institut Curie.


Anja Unger (réalisation), Arlette Girardot (image), Pascale Mons (son), Productions de l’Oeil Sauvage, © Art Myers (photographe)





Impressionnant

23 11 2009

© Anne Weston, Wellcome Images

Photo d’une cellule cancéreuse du sein.

 

© Annie Cavanagh, Wellcome Image

Une colonie de cellules cancéreuses du sein. Les cellules bleues sont en pleine croissance, tandis que les cellules jaunes sont en train de mourir.

 





Cancer n°1, tu ne m’a pris ni ma vie,ni ma féminité

8 11 2009

1999 - Si j’ai perdu un sein de façon brutale, je ne suis pas devenue amazone en un jour. La mastectomie a été une partie du protocole de lutte contre ce cancer si surprenant pour mes 37 ans.

Environ 6 ans après l’ablation, j’ai formulé, donc intégré cette évidence : je suis une amazone. Du verbe “être” simplement… le cancer ne m’a pris ni ma vie ni ma féminité.

expo_paris

Exposition 2008 à l'Hôtel de Ville de Paris

livre_artm2

Livre - Réédition 2009

2008 - Le sein sain ne l’est plus… Lui, je peux le garder, quel bonheur, c’est fou ce que je m’y suis attachée ! mais je n’échappe pas aux chimio-rayons, c’est reparti pour un tour… Et, chose étrange,  je me focalise sur un sujet : le droit d’être une amazone libre et tranquille… et qu’on arrête de me dire "mais pourquoi tu ne t’es pas faite reconstruire ?", à commencer par les gens de la santé, que je retrouve lors de cette récidive. Cette question est devenue tellement systématique que je réponds "oups, j’ai oublié, heureusement que tu m’y fait penser !". Pour dire clairement :  je m’attèle au cancer 2008 en réglant définitivement celui de 1999… Maintenant je sais que ça a été un indispensable moteur.

Le plus fou, c’est que je me rend compte que je suis une parmi des centaines de milliers. J’ai le choix, une formidable liberté : de me présenter avec 1 ou 2 seins.

Je soutiens l’engagement de l’association "Les amazones s’exposent", qui fait le pari, à travers des créations artistiques, de changer leur image. J’ai rencontré le photographe américain Art Myers et je suis devenue un morceau de sa galerie de portraits. J’ai entamé d’autres actions, quelques unes encore en gestation… Art Myers m’a offert un tirage grand format et signé de mon portrait d’amazone, je l’ai offert à mon chirurgien. Voilà, la boucle est bouclée.

Je me lance dans l’aventure blog… La photo en marge est une photo perso, je préfère que celle d’Art Myers soit vue dans son contexte d’expo (réelle, virtuelle ou livresque), d’abord parce que c’est un artiste, et puis elle n’a toute sa force qu’en "choral"… elle raconte aussi cancer n°2, et lui ce sera dans d’autres posts.








Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 27 followers

%d bloggers like this: