le Parti Contre le Cancer

10 10 2011

Le blog se réveille ! Quelques mois consacrés à de multiples changements, tellement nombreux que ça en est devenu franchement global : vie nouvelle en perspective, en adéquation avec ce que je peux.

Paix en vue, espère-je ! Répartie selon l’équation :
• invalide-travailleuse certifiée,
• descendance émancipée,
• charges matérielles délestées…

… et rentrée avec un billet de choix : l’entrée dans la campagne des présidentielles 2012 du Parti Contre le Cancer.

J’imagine que les 500 signatures nécessaires à une candidature officielle sont en cours de parrainage, mais, à mon niveau de citoyenne cancéreuse, je soutiens totalement cette initiative. La découverte s’est d’abord faite sur le mode de la (très, très) grande méfiance ; le cancer nous a habitués à des opérations – même (et surtout) en dehors du bloc chirurgical – assez douloureusement désespérantes … Mais en analysant le teasing et le site de cette association, en rassemblant les infos, les arguments, et plus particulièrement les contre-arguments concernant l’initiative du Pr Victor Izrael : c’est maintenant avec un franc enthousiasme que je m’engage à soutenir cette démarche, avant tout citoyenne.

La lutte contre le cancer a absolument besoin d’être à nouveau urgentisée ; le fond comme la forme de ce qui s’appelle donc un "parti" peuvent créer le choc et l’envie nécessaires.

Ce qui a achevé de me convaincre, c’est le souvenir d’un certain Michel, agitateur pendant les présidentielles de 1981… Les choses du cancer n’évolue pas si "bien" que ça, trouve-je (déclarations d’autorités à lire dans le Figaro : "2012: Izrael provoque l’étonnement"). Le cancer n’est pas en sommeil : +60% de cas en 20 ans ; bientôt 1 homme sur 2, et 1 femme sur 3, y sera confronté au cours de sa vie.

L’adhésion à un parti revêt toujours une part de militantisme, me voilà donc fervente défenderesse de l’engagement du PCC : rassembler un maximum de soutiens pour peser sur le cours de 2012.

Le Parti Contre le Cancer sur les réseaux sociaux :
Page Facebook et Twitter @partictrecancer

Mise à jour décembre 2011 : juste après son annonce éclatante, ce parti semble mettre beaucoup d’application à se taire. Encore des malins (!) qui jouent avec le cancer !!?… à creuser…





Pink scream, cri rose

5 12 2009

Les chimios cuvées et un peu d’énergie regagnée, j’ai maintenant le loisir de me poser quelques questions.

Je n’avais pas imaginé un tel déferlement d’interrogations, ni dans un tel fouillis. L’examen récent de la scintigraphie y a mis un peu d’ordre. Plus précisément, une remarque de l’infirmière : voyant mon dossier (2 cancers en 9 ans, 1 par sein), elle conclut la brève explication de cet examen par un "mais de toute façon vous connaissez". La scintigraphie est quand même un examen assez rare, en 10 ans, c’est le 3ème. Et la machine à questions s’emballe : effectivement qu’est ce qui a changé en une décennie ??? Chirurgie, traitements, techniques, outils, protocoles, effets secondaires, informations, accompagnement, services, prévention, connaissance de la maladie, de sa diversité, de son processus, de ses origines, de ses causes, … je retrouve ce monstre tel qu’il était il y a 10 ans, c’est ça ? Une question de plus.

Puis une autre : mais comment est-ce possible ? Comment est-ce acceptable ?

Je passe en revue ces 2 cancers, je les compare, il en ressort un seul vrai progrès : la technique du ganglion sentinelle. Et quelques nuances d’ordre technique : la machinerie de la radiothérapie et le (grand bazar du) dépistage systématisé. C’est bien, ce sont sûrement des avancées, mais le cancer lui, n’a pas été ébranlé. Les traitements sont trentenaires, les effets secondaires et leur toxicité sont donc les mêmes qu’en 1975 : pas d’amélioration de qualité de vie, pas d’amélioration de survie, que c’est-il passé, tout a été misé sur le diagnostic aux dépends de la recherche des causes ou au moins du soulagement ?

Il trouve bien sa raison d’être quelque part ce cancer du sein qui galope depuis 50 ans dans le monde occidental. Le Plan Cancer II en France commence à envisager l’analyse de facteurs environnementaux … ah bon ?

La différence majeure entre cancer n°1 et le n°2 n’est pas d’ordre médical : de victime du cancer, je suis devenue une survivor, je fais partie de la meute des héros ordinaires dont on placarde les abribus. D’une tragédie et d’une douleur, j’ai été priée d’en faire une outrancière joie de vivre badigeonnée de rose.

Le cancer du sein n’a pas faibli d’un iota en 10 ans, 20 ans… et on a constitué pour le combattre une armée de Barbies, dispersées dans la promotion du dernier gadget rosifiant, dont un bénéfice microscopique va peut-être profiter à la recherche et aux malades… ça y est, le poisson (rose) est noyé ! Et le cancer est tranquille, le kitch rose a gommé la réalité d’une maladie pour l’instant mortelle.


Une extraordinaire énergie, un formidable élan de solidarité, des investissements qui n’ont rien changé. Encore une question : ça va continuer longtemps ce gâchis ?

A la place des articles en vrac, je vais essayer de lire un livre, " Pink Ribbons, Inc. – Breast Cancer and the Politics of Philanthropy " (Cancer du sein et la politique de la philanthropie) de Samantha King (2008) professeur agrégé, Ontario.


Dans l’idée que dans mes cancers à moi, quelque chose est en train de se décoincer, une colère ? une lutte ? un engagement ?








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