Alternativement, je pointe chez l’onco-chir et l’onco-chim. Tous les deux font dans l’oncologie, spécialistes de tout ce qui touche au cancer.
Version soft : le chir est le chirurgien qui ouvre le bal et enlève la tumeur, le chim est le chimiste qui définit les protocoles de chimiothérapie ; version hard, le chir coupe et le chim empoisonne.
Après la phase d’offensive, toujours musclée dès que le cancer est diagnostiqué, se met en place les rendez-vous de suivi, courtoises et régulières auscultations, loin des désagréments de l’artillerie lourde.
Hier, c’était le contrôle de l’onco-chim. "Alors, récidiviste…" avaient été ses mots d’accueil quand cancer n°2 me ramena dans son service il y a 2 ans. C’était du 2ème degré, mais, néanmoins nonobstant, le sens premier m’avait échappé, et pendant un temps certain… J’aurais dû l’écouter, ça m’aurait évité de trimballer une fausse certitude : un 2ème cancer spontané, niant le précédent de 9 ans son aîné. J’ai usé quelques neurones à rendre ce concept erroné viable. "Récidiviste", la messe était dite. Ils sont un sacré sens de la concision, les oncos, déformation pro (?). Ils doivent engranger tellement de savoir qu’ils apprennent aussi à le compresser, le compacter. Le César de l’annonce est remis à …
L’onco-chir m’a aussi démontré ses capacités dans ce domaine : "on va commencer par le ganglion sentinelle". Voilà les 7 mots sur lesquels je me suis endormie au bloc. Ou comment me dire que la tumeur, qu’il n’a pas encore vue, que la biopsie et les échos qualifiaient de douteuse, est en fait cancéreuse. Roger, Papa, Tango, Charlie, reçu 5 sur 5 : je me suis réveillée en connaissance de cause. Je me dis aussi qu’il en avait marre de jouer l’incertain, lui il savait et il voulait me le faire savoir. Il s’est faufilé dans les 3 secondes dispo. Du grand art.
Les oncos ne se spécialisent pas qu’en cancéro, ils optimisent aussi leurs discours : info laconique mais efficacité optimale. On croirait la définition du médicament parfait. Ils ne sont pas bavards mes oncos, mais je leur dois de vivre encore, et de pouvoir, moi, faire la piplette sur le net.
Ce n’est pas cette forme de relation qui participera à l’accompagnement du patient, mais est-ce le rôle de l’onco lui-même ? Pourquoi ai-je autant d’estime pour eux malgré des échanges quasi techniques alors qu’il est question de ma survie ? Je me rappelle d’élans de colère. Je crois qu’elle s’adressait au vide entre eux et moi. Il nous manque un passeur, un homme-pont, une femme-passerelle.
La cadence de mon suivi est rythmée, lui aussi, 3 fois par an. Comme j’ai été déclarée apte pour les 4 mois à venir, le prochain contrôle se fera avec mon onco-chir ; j’essaierai, comme d’hab, d’emmagasiner ses infos et de me les redistiller à la sortie.
10 ans de pratique des énergumènes, ça crée des pontons. Mes oncos, mes tontons !









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