L’amie S. a qui ce blog est dédié s’appelait Sandrine. Elle est partie depuis 1 an, le 4, à un âge indécent.
L’affection que je lui portais avait cette entièreté des combattantes, des battantes ensemble.
La frangine choisie parmi une foultitude d’(im)patientes cancéreuses.
Et plutôt elle, parce que récidiviste, parce que même jeunesse que cancer n°1, parce que normande bretonnante, parce que rigolote, parce que dynamique.
Et surtout elle, parce qu’elle était devenue mon guide au quotidien pendant les traitements de n°2. Des liens si spécifiques et si profondément ancrés, tranchée commune. Réciproques.
Jamais je n’avais imaginé qu’elle mourrait de son cancer. Elle non plus. Jamais.
Son agonie a été insupportable. J’ai compris avant elle, j’ai dû attendre qu’elle accepte de comprendre.
Je ne sais toujours pas comment elle a fait, mais je sais qu’elle l’a fait, elle a réussi à accepter de partir. C’est de l’ordre du possible. À un moment le cri se contrôle.
J’ai eu du mal à laisser partir ma dernière grand-mère. Je me demande toujours où est Sandrine et je la pleure.
Avec le temps, je suis de plus en plus convaincue que, si je ne sais ni où ni comment, en tout cas elle ne peut pas être du rien.
Le cadeau de Sandrine : elle restera mon guide.
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