Accostage récent sur une terre nouvelle : la traversée aura été houleuse,
la tasse souvent j’aurai bu, mais me voilà à quai.
Nouveau quai. Beau quai. Simple quai.
Avoir dû me battre pendant plus d’un an pour me délester de presque tout tient franchement du gag. Se battre pour ne plus avoir, alors que d’ordinaire on se bat pour acquérir ou au pire pour garder.
Un quai vers une terre de peu de biens, mais tellement pleine de ces riens qui ont un goût de luxe.
Le cancer crée d’étranges comportements : l’ignorer au moment où l’on se fait réceptacle à poisons, PAC directement connecté aux perfusions rouges ; puis l’incruster dans les moindres recoins de vie une fois la cuvée cuvée.
Parce que bien sûr le cancer ne m’aurait pas, pas moi, enfin, voyons.
Je serai au dessus des ordinaires récits de destructions.
Raté : ma vie, mon taf, mon logement, mon rythme, mes objectifs, mes obligations, mes croyances ont basculé. Face contre terre.
Alors j’ai pris le large. D’abord face contre sable, puis face contre vagues. Et voilà ce fameux nouveau quai : et c’est maintenant face face à l’horizon.
J’avais embarqué avec la maladie les devoirs de la vie saine : exceller, par exemple.
Raté.
Les combats menés par soi-même sont d’une déconcertante banalité, on part pour n’en perdre aucun, contrairement aux commun des vivants, et on les perd un à un, comme tout le monde. Parce qu’il était en fait incommensurablement présomptueux d’affirmer faire mieux que les autres, mieux que tous, ceux d’à côté et ceux d’avant.
Les chemins sont beaucoup plus balisés qu’on ne l’imagine.
Beaucoup de bruit pour rien… disait un gars* il n’y a guère que 400 ans…
La banalité de l’être est très soutenable, tout à fait supportable. Si. Vraiment.
Et je crois que là, j’ai gagné.
* Shakespeare
source image : les choristes d’Agnès Baillon










Non, ma chère Cathie, le roseau plie mais ne rompt pas : tu as été contrainte et forcée de te plier sous les assauts de la tempête, que dis-je du typhon qui a balayé ton univers mais tu n’as pas rompu.
Non, pas raté, juste pris une autre direction : il suffit pour s’en convaincre de regarder le clip en haut de ta page, la formidable aventure du Souti1, l’association que tu as créée et surtout TOI, ta générosité, ta soif de vivre, ton charisme…
Alors non, décidément pas banal, mais tout simplement extraordinaire.
Amitié
Nicole
C’est gentil tout ça ! merci Nicole. Tout cela est quand même assez serein…
Le cancer m’a volé des êtres chers à mon cœur et cela, malheureusement en l’espace de deux années. J’espère sincèrement que nous trouverons bientôt un moyen de nous en débarrasser et que le mot ‘cancer’ ne fasse plus partie de notre vocabulaire. C’est mon vœu le plus cher.
le cancer : “une occasion à saisir, celle d’une rencontre qui changerait tout” disait Pierre Cazenave, dans lequel je me replonge en ce moment. Et il y a comme un écho avec ce que je lis ici…
‘raté’ n’est pas synonyme avec ‘échoué’. Une flèche qui rate sa cible va se planter ailleurs.
…Heu ça fait un peu proverbe de vieille squaw ;o)…
Méli
Je te souhaite surtout d’être en paix avec toi-même. Plein de gros bisous et joyeux Noël plein d’amour
Je te souhaite une merveilleuse année 2012 face à l’horizon Cathie et un joyeux noël, belle leçon de vie ………… je t’embrasse fort.
merci de vos voeux, très touchée ! Je vous embrasse aussi toutes bien fort