j’ai la joie, l’honneur et l’avantage…

20 10 2010

…de déclarer le site des Souti1 ouvert ! www.souti1.com

Il s’agit du nouveau site des Souti1, soutien-gorges asymétriques pour 1 seul sein. Une lingerie qui intègre la double particularité que connaissent les femmes opérées : soutenir un sein devenu unique ET habiller leurs cicatrices, en toutes circonstances.

Le Souti1 n’est pas constitué de 2 parties juxtaposées, l’une plate et l’autre bombée, c’est un ensemble asymétrique qui forme un tout, et offre ainsi une double prouesse esthétique et ergonomique.

Un même portail rassemble maintenant l’actu • la boutique et • l’histoire très humaine de la marque

• L’actu est régulièrement mise à jour sur "la Gazette des Souti1". C’est déjà devenu un lieu d’informations, de témoignages et d’échanges. On y parle concrètement des Souti1, mais aussi de la vie avec et après le cancer et la mastectomie.

• La boutique en ligne est opérationnelle : en quelques clics vous pouvez commander votre Souti1. Il est maintenant disponible en 5 tailles et 2 côtés : 10 déclinaisons à portée de souris.
Le modèle a su garder l’élégance de son stylisme et l’ergonomie très spécifique de son maintien asymétrique, quelles que soient les tailles et le côté… Détails à voir sur les photos de la vitrine ou sur la joyeuse vidéo du making of.

• Le Souti1©, c’est aussi une histoire qui se raconte. L’aventure qui a permis à cette pièce de lingerie d’exister aura aussi été très humaine.
_______________________________________________________________________________________

Entre les prémices de ce concept et aujourd’hui, 2 ans et 1/2 se sont écoulés. Cette idée était dédiée à cancer n°1, je l’ai démarré en même temps que les traitements contre cancer n°2, et je sais aujourd’hui que s’il y en a un qui portait l’autre, c’est bien le Souti1 qui me portait.

J’aurai vécu le développement de cette idée un peu comme une (longue) gestation, je suis fière de son aboutissement, heureuse de la partager, et impatiente de la voir grandir encore… bientôt j’espère des Souti1 noirs, rouges, j’ai d’autres modèles déjà en tête… mais il faut d’abord que ce 1er modèle, baptisé Fémin’1, vive !

bien à vous,
Cathie





Non, je ne serai pas une "nouvelle" amazone

19 10 2010

Octobre rose, ce "Rosobre" 2010, aura été largement dédié aux amazones : un tabou se fissure, mais les voix et les voies se précisent aussi…

L’article signé par MF Colombani dans le magazine ELLE a fini d’ébranler la foi que j’avais placée dans l’action de l’association "les amazones s’exposent". Loin du travail d’orfèvre et du ton collectif qu’Anja Unger a réalisé dans son documentaire la rédaction donne libre cours au parti pris unilatéral de cette asso.

Voici quelques Non qui font que je me dissocie après m’être associée, investie et engagée auprès d’amazones, qui vont maintenant jusqu’à revendiquer l’appellation.

Non, je ne serai pas une AOC, une amazone d’origine contrôlée.

Non, je ne grossirai pas les rangs d’une tribu qui s’assure la bonne santé des chiffres qui la composent, en oubliant qu’une femme sur 4 tombera au combat.

Non, je n’ai pas refusé d’emblée la reconstruction : de techniquement différée, elle a ensuite été sujette à questions, puis lentement un choix s’est opéré ; me ré-apprivoiser a été un long et douloureux travail.

Non, la reconstruction chirurgicale n’est pas d’ordre esthétique, elle est réparatrice et chirurgicalement virtuose ; le seul progrès à en attendre est un cancer maîtrisé… or la tendance est malheureusement à une forte hausse des cancers du sein chez les femmes jeunes (< 45 ans), qui conduisent presque immanquablement à l’ablation, parce que cette "jeunesse" est très souvent corollaire d’une forte agressivité de la tumeur.

Non, ce n’est pas l’absence de fringues spécifiquement dédiées qui m’empêche d’ôter ma prothèse pour, par exemple, aller au resto avec des amis ; rien ne m’empêche de vivre une grande partie de mon temps sans prothèse, rien ne m’empêche de vivre l’autre partie avec…  Ce n’est pas le maillot de bain qui fait nager…

Non, je ne clamerai pas mon droit à la différence en la camouflant obligeamment.

Non, je ne reviendrai pas sur ma nouvelle identité corporelle, je lui trouverai juste une autre appellation.

Je quitte le rang de ces amazones qui se proclament nouvelles et qui piétinent le formidable travail qu’elles avaient initié. D’une liberté reconquise, elles créent une doctrine digne de leur antique référence : tribale. Avec reine et soldates.

Perdre un sein dans une lutte contre le cancer ne me met pas dans la position de vénérer le sein restant, mais bien dans celle de créer un nouveau corps, asymétrique, différent… et de m’engager ouvertement pour montrer que c’est juste de l’ordre du possible, sans lois, sans obligations, sans uniformes.

Les médecins doivent entendre que nous sommes nombreuses, mais surtout pas que nous en sommes heureuses.
Parce que le cancer du sein commence toujours par abîmer, ma lutte à son égard reste entière.

PS : la photo qu’Art Myers a faite de moi torse nu existe en 2 exemplaires : un qui appartient totalement à l’association, et l’autre que j’ai offert à mon onco-chirurgien.

ici, lien vers l’article de l’hebdo ELLE





Sensibilisation à la sensibilisation

16 10 2010

Octobre rose : le mois de la mobilisation contre le cancer du sein.
Dans le monde entier, depuis une quinzaine d’années, octobre est le mois de sensibilisation au cancer au sein. Et parce que le symbole d’engagement dans cette lutte est un ruban rose, on parle d’Octobre Rose.

C’est aussi un mois de formidables actions : solidaires, comme la grande course parisienne Odyssea ; participatives, comme le nouveau texte collectif actuellement en écriture par les Impatientes. C’est le mois de la campagne nationale en faveur du dépistage organisé. C’est le mois de nombreux focus sur la maladie dans les média. C’est le mois où tout se colorise de rose : même le blanc de la Maison… Blanche américaine.

Le meilleur et le pire se croisent, les engagements solidaires côtoient des accessoires très reprochables, tel un rouleau de PQ ou une balayette marqués du sceau du fameux ruban rose.

Mais est-ce vraiment un mois d’information sur la maladie ?
Est-ce vraiment un mois d’actions en matière de santé publique ?

De nombreux proches de malades, touchés et immergés dans les questions relatives au cancer du sein ignorent même l’existence de la colorisation de cet octobre ! Une sensibilisation de personnes déjà concernées ressemble plus à un signe de ralliement qu’à une lutte engagée qui rallie d’autres forces à sa cause.

Avec le temps, quelques roses octobres plus tard, force est de constater une permanente absence d’avancées dans la prévention et dans la connaissance de l’oncogénèse : ce cancer reste mortel dans des proportions sensiblement les mêmes qu’il y a 20 ans. Les femmes jeunes restent souvent abandonnées dans l’auto-diagnostic ou le diagnostic accidentel. Le seul facteur de risque qui soit indiscutable, c’est d’être une femme. Ahh.

Le cancer du sein a son ruban, mais ni d’origine ni de fin avérées. La sensibilisation mène alors à quoi, sinon à elle-même… circuit fermé mais en expansion, ça me rappelle quelque chose… cancer quand tu nous tiens !

Il est temps qu’octobre soit aussi exigeant que rose. Regardons par le petit bout de la lorgnette : au lieu d’enjoliver la cause en la teintant de rose, donnons de la gravité à cette (très belle) couleur.

Le nom de ce blog y fait référence : Rosarosir, parce que le ruban n’est pas vraiment rose, pas encore.





Faire et se taire : un étau

2 10 2010

En revenant une deuxième fois, ou une seconde fois si on veut sémantiquement insister sur le fait qu’il n’y aura pas de 3e, bref en revenant, le cancer n’aura pas été un autre épisode de vie, il s’est tout simplement inscrit au coeur de ma vie.

Chaque fois que je veux m’en éloigner, il se recentre. Il ne se laisse pas périphériser. Par la force de l’effort incessant qui me les bouffe toutes, par la force des choses, le cancer définit le fond et la forme de ma vie de maintenant.

Et il est tellement au centre, que c’est aussi lui qui me ressource : outre ce qu’il reste de ma très proche famille, les miens sont uns : cancéreux. Opérés, traités, en traitement, en fin de vie, disparus… Le reste est silence. Où je ne dis pas, où je ne réponds pas.

J’ai choisi de vivre avec et de vivre la même vie qu’avant avec. Je n’avais pas compris que je choisirai alors aussi le silence. Pas possible de faire et dire en même temps la difficulté de faire.

Les séquelles rongent, elles aussi. La vie ne coule plus, le cancer c’est une obligation lucide et permanente de choix, pluriels.

Reste un fantasme : être une très vieille dame, ça remettrait les pendules à l’heure, retour vers le futur. Voir un très vieux couple m’émeut toujours profondément. Le couple ? La vieillesse ? Les 2 ?

Pendant une ballade d’après-midi, j’ai croisé un très vieux couple qui marchait main dans la main, un sourire béat et partagé ; à mon "bonjour", le monsieur m’a répondu un gazouillant et spontané "bisou"… quelques mètres plus loin, fin de forêt, ils se sont lâché la main et séparés. Ils ressemblaient à ceux de la photo.

Je fantasme d’être un jour la vieille dame de cette image. J’aurai aussi son regard, je n’aurai rien oublié.








Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 27 followers

%d bloggers like this: