Solidarisée

30 05 2010

La programmation du site du Souti1 a été, en soi, une grande aventure.

Il a d’abord fallu que je m’offre mes propres services : il n’y a rien de pire que d’être sa propre cliente. Le design de ce site est frais, d’accord, maladroit, sûrement, mais je vous garantis que vous avez échappé à quelques splendides bouses…

Une fois que le graphisme a été (enfin) arrêté, je suis partie en quête d’un programmeur, gazouillant ma recherche au monde entier par le biais de Twitter. J’ai trouvé la perle rare… en face de chez moi, dans la même rue de la même ville. Miniworld  "/

Il s’appelle Dominique. Quelques coups de fil m’ont bien confirmé que le gars que je cherchais all around z world était simplement voisin. Il est venu un soir à la maison pour un premier brief, et j’ai ouvert la porte sur une personne beaucoup plus petite que moi : Dominique est handicapé moteur. Il ne veut pas que ça interfère dans sa vie, il n’en fait pas mention, c’est comme ça, à prendre ou à laisser… Et il touche à tout ce qui le tente : l’internet, la musique, la formation, l’infographie, et aux heures qui lui plaisent. Un homme libre.

Dominique et sa femme sont venus à la projection du film d’Anja, en toute discrétion. Ils sont tous les deux membres du groupe Facebook du Souti1. Je les connais à peine, mais ils ont une très forte présence.

Concernant le coût de son travail, la réponse de Dominique a été sans appel : un prix au raz des pâquerettes, parce que mon projet lui tient à cœur … et aussi par solidarité.

Il m’a fallu quelques secondes pour bien prendre la mesure de cette déclaration : j’étais solidarisée, cause commune. Solidarité dans le droit à la différence. Et là c’est moi qui recevais, formidable cadeau. Un grand merci, Dominique.

Je profite de ce billet de blog, qui fera quelques ballades sur le globe et la toile, et arrivera bien à un moment chez toi, juste en face d’ici, pour vous embrasser toi et Yolène!





Le film d’Anja

16 05 2010

Les quelques jours qui ont précédé la projection du film d’Anja ont représenté une poussée de stress franchement ascensionnelle. Comme un examen de passage qui approche : j’allais être exposée et jugée. Avec une particularité : non pas pour expliquer quelque chose, mais pour contribuer à le faire exister.

Et le gros de l’angoisse se situait là : quel serait le parti pris du montage ? La réalisatrice Anja Unger avait la mémoire de toutes nos paroles, elle en avait fait un tri très sélectif, pour les emboîter selon un ordre qui lui était propre.

Je suis arrivée à cette avant-première comme un petit bout d’un tout que je pressentais énorme. Ça a été énorme. Et ce soir-là, il y a bien eu "passage", quelque chose a commencé. L’émergence d’une réalité. La mienne.

Comme tout grand trac, une fois l’action commencée, c’est le calme qui s’installe. J’ai dévoré ce film, j’ai bu les paroles de chacune, je me suis regardée comme une autre. Au fur et à mesure de son déroulement, une autre émotion a pris toute sa place : l’évidence que les amazones avaient un messager, une voix collective forte. Maintenant les langues peuvent se délier, elles se feront l’écho de la justesse et de l’intelligence d’Anja. Sur le fil, lentement elle raconte, elle éclaire, elle dévoile, elle explique. Sans militantisme, sans exhibition. Juste.

Le témoignage de mon fils sur le cancer est un moment totalement à part ; ce qu’il dit est splendide, il est vraiment beau. C’est sûrement aussi peu objectif que très vrai…

Après coup, un autre sentiment est apparu : la fierté. La Cathie chauve disait des trucs vraiment pas cons. Au milieu de femmes magnifiques. Mais le plus émouvant se trouve dans le retour que j’ai des proches : éloges libératrices.

Il y a avait beaucoup de monde dans cette salle du Forum des Images, dont pas mal d’hommes. Le film a été fortement applaudi. Le débat a rapidement pris le relais, il était déjà là, respectueux.

Ce film va maintenant partir en ballade, sur des chaines TV, des conférences, des colloques, des événements, … les producteurs y travaillent. Ils le peuvent, il faut reconnaître aussi une grande qualité cinématographique à ce film.

Il commence une longue route.

Je sais aussi que cette visibilité est cruciale pour les femmes avant l’opération. Elles savent qu’elles ne basculeront pas dans l’horrible, seulement dans la maladie.

Les amazones arrivent à se retrouver bien dans leur peau, quand leur choix sortira de la désobéissance, la vie aura gagné. Parce que c’est à ça qu’on s’acharne quand le cancer déboule : la préserver et l’aimer.

Sinon, c’est vraiment rigolo d’être reconnue par des gens qu’on ne connaît pas…

_______________________________________________________________________________________

Annick Parent, présidente de l’association les amazones s’exposent, est le fil rouge du récit de ce film, qui l’a suivie pendant la mise en place de l’exposition de l’association.

"Le corps amazone" Réalisation Anja Unger. Productions Œil Sauvage ©
Le DVD est disponible auprès de la production : wild-eye@wanadoo.fr
tél 01 45 46 64 13





Jumelage

8 05 2010


Depuis mes débuts sur les réseaux, j’essayais de dissocier cancer n°1 de n°2 : celui de 1999 avec le Souti1 et celui de 2008 avec ce blog & Catirosi. Et je me prenais souvent les pieds dans le tapis…

En même temps que le besoin impérieux de contredire les clichés liés au cancer, la phase prototype du Souti1 arrivait à maturation. J’ai voulu bi-polariser l’aventure : une amazone entreprenante d’un côté et une cancéreuse récidiviste irritée de l’autre.

En cherchant bien, on pouvait créer des ponts. Mais de mon côté je m’évertuais à tout cloisonner. À la remarque "mais pourquoi scindes-tu une même histoire en deux ? elles racontent la même personne…" je n’ai pas eu grand chose à répondre, sinon l’envie de me libérer d’un contrainte inutile.

Je me suis engagée dans un projet sociétal avec le Souti1, et le cancer est aussi au cœur de ma vie avec Catirosi, parce que je pense qu’il est grandement temps d’arrêter de lui simplifier la sienne.

Je ne pouvais pas hermétiser les 2 épisodes cancers, je me suis beaucoup occupé de n°1 pendant n°2, mais ce qui me définit aujourd’hui c’est 1+2, et sûrement pas 1 à côté de 2.

J’en était arrivée à ce comble qui consistait à ce que je bride la parole de l’amazone dès que le cancer avait besoin de sa raclée… et à parler sur ce blog -mon blog- comme une invitée de ce petit bout de tissu qui me tient tant à coeur depuis 2 ans. Voilà pourquoi je libérerai aussi ma parole dans les prochains posts, twitter, facebook… jusque dans l’IRL. Et le Souti1 parlera parfois du cancer de Cathie. Et Cathie ne se cachera pas de sa récidive quand elle parlera du Souti1.

Bon week-end à tous ! Le mien est déjà plus simple.

PS :  pour écrire un billet sur le film d’Anja, j’attends que les très proches l’aient vu. L’un d’eux est un fidèle lecteur de ce blog…

IRL : in real life








Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 27 followers

%d bloggers like this: