On s’en croyait descendu, depuis peu on sait que c’est notre cousin, et il est en passe de devenir notre pharmacien… Il s’agit du chimpanzé. Surprenant, n’est-il pas.
Une jeune et belle vétérinaire, Sabrina Krief, a rejoint l’idée que ces singes savent sélectionner les plantes à des fins thérapeutiques. Ca s’appelle la zoopharmacognosie. Un mot déjà formidable en soi, pour une discipline en plus à visée curative, alors là il est magique !
L’objectif de la zoopharmacognosie est d’identifier et d’analyser les végétaux utilisés par les animaux, afin de mettre au point de nouveaux médicaments. « Les recherches n’en sont qu’au début, dit Sabrina Krief, on connaît encore mal les maladies des grands singes. Mais il est certain qu’ils ont une pharmacie naturelle à portée de main. Ils sélectionnent des plantes qui peuvent les guérir ou les prémunir contre leurs affections. (…) En mastiquant, par exemple, une trentaine de feuilles de Trichilia rubescens, une plante amère et irritante à l’action antipaludique, puis en avalant aussitôt après une poignée de terre argileuse qui atténue l’effet toxique de la plante, ils soignent une forme de paludisme dont ils sont atteints. Une plante plus de l’argile. Deux éléments associés. On n’est pas loin d’une posologie primitive… »
Sabrina Krief piste les chimpanzés plusieurs mois par an, observe leurs comportements alimentaires et recueille des échantillons des végétaux avalés. Du régime alimentaire des chimpanzés, elle a pu isoler 84 extraits bruts de végétaux. Une grande partie s’est révélée avoir une activité antiparasitaire, antivirale, antimicrobienne et même inhibritrice de tumeurs cancéreuses chez les souris. (Institut de chimie des substances naturelles (ICSN) de Gif-sur-Yvette)
J’aime bien l’idée qu’on piste les cousins, les ancêtres en sauraient plus que nous ? On aurait désappris ? Pour réapprendre, il fallait bien commencer par créer un mot comme zoopharmacognosie. Là ils sont équipés nos chers chercheurs.
En matière de chimie naturelle, il existe un arbre qui m’a déjà rendu un fier service, l’arbre le plus toxique actuellement répertorié : l’If, le Taxus baccata, dont la sève entre dans la composition du Taxotère, protocole de chimio bien connu dans les cancers du sein.
Je me suis rapprochée de la nature pendant mes chimios… si un jour les singes se mettaient à étudier nos comportements de patients perfusés, ça s’appellera comment, homopharmacorigolosie ??
source : http://www.nouvellescles.com
photo : © Jean-Michel Krief
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